Le guide
Windguru, Surfline, surf-report : lequel ouvrir selon ce que tu cherches
Les prévisions de houle viennent presque toutes des mêmes modèles. Ce qui change, c'est la présentation et ce qu'on ajoute au calcul. Comparatif honnête des outils que les surfeurs français utilisent, et de ce que chacun fait le mieux.
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Une chose à savoir avant de comparer quoi que ce soit : la quasi-totalité des sites de prévision surf, le nôtre compris, s’alimentent aux mêmes modèles de houle publics. Quand deux sites annoncent 1,4 m et 1,6 m pour le même créneau, l’écart ne vient presque jamais d’une meilleure prévision — il vient d’un choix de modèle, d’un point de grille différent, ou d’un traitement différent de la même donnée.
Ce qui distingue réellement ces outils, c’est ce qu’ils font du calcul une fois qu’il est fait. Voici comment ça se répartit.
Windguru — la donnée brute, dense, sans interprétation
Windguru affiche un tableau serré : hauteur, période, direction, vent, rafales, souvent plusieurs modèles côte à côte, heure par heure. Aucune note, aucun verdict, aucun commentaire.
C’est sa force. Si tu sais lire une prévision, tu as tout, et tu peux comparer ce que disent deux modèles qui ne sont pas d’accord — ce qui est en soi une information précieuse, parce qu’un désaccord entre modèles signale une situation incertaine.
C’est aussi sa limite. Le tableau ne te dira jamais que ta plage a besoin de 12 secondes pour se réveiller, ni qu’un vent de sud-est marche à Biarritz alors qu’il ne marche nulle part dans les Landes. L’orientation du spot, tu la connais ou tu ne la connais pas.
À ouvrir quand : tu sais déjà ce que ton spot demande, et tu veux la donnée la plus fine possible pour choisir ton créneau horaire.
Surfline — la couverture mondiale et les images
Surfline est l’acteur américain historique, avec une couverture planétaire, un réseau de caméras et des prévisions maison. Pour un voyage, c’est difficile à battre : les spots sont documentés partout dans le monde.
Sur la côte française, la granularité est moins fine que celle des acteurs locaux, et l’essentiel des fonctions intéressantes se trouve derrière un abonnement.
À ouvrir quand : tu pars loin, ou tu veux des images sur des spots très fréquentés.
surf-report.com et les agrégateurs français
surf-report.com, allosurf, surf-forecast, wisuki, yadusurf, surf-sentinel : ces sites couvrent des centaines de spots français avec une prévision standardisée. Leur atout, c’est l’exhaustivité — n’importe quelle plage un peu connue s’y trouve.
surf-report.com y ajoute quelque chose que les autres n’ont pas vraiment développé : des annuaires de marées par commune, très complets. Si tu cherches simplement l’heure de la pleine mer d’une ville, c’est efficace.
Le revers de l’exhaustivité, c’est l’uniformité. Couvrir des centaines de spots interdit de les paramétrer un par un. La prévision affichée sur une plage exposée sud-ouest sort du même gabarit que celle d’une plage exposée plein ouest, et personne n’est jamais allé voir à quoi ressemble le pic.
À ouvrir quand : tu cherches un spot qu’on ne couvre pas, ou une table de marées pour une commune quelconque.
Ce qu’on fait différemment
Onze spots, et pas un de plus. Le choix est délibéré, parce que ce qu’on ajoute au calcul ne se fabrique pas à l’échelle.
Un paramétrage par spot. Fenêtre de houle, seuil de période, liste des vents favorables : chaque spot a les siens. Hossegor demande 12 secondes, Guidel est le seul exposé sud-ouest et préfère le nord-est, Biarritz accepte le sud-est à cause du relief basque. La même houle ne donne donc pas la même note partout.
Des trous assumés. Quand une donnée manque, on affiche « indisponible ». Pas de valeur de repli, pas de moyenne substituée à un pic manquant, pas d’analyse de la veille présentée comme fraîche.
Ni publicité, ni traceurs. Ce qui explique aussi pourquoi le site est petit et le restera.
Alors, lequel ?
Honnêtement, deux onglets valent mieux qu’un.
Si tu surfes un de nos onze spots, commence ici pour savoir si ça vaut le déplacement : la note intègre l’orientation réelle de la plage, et l’image te dit ce que la mer a réellement fait de la prévision. Puis ouvre Windguru pour affiner l’heure exacte, parce que sa granularité horaire et sa comparaison de modèles restent supérieures.
Si tu surfes ailleurs en France, un agrégateur fera le travail — en gardant en tête qu’il applique le même gabarit à toutes les plages, et que personne n’a jamais regardé la tienne.
Une comparaison qu’on mesure
Tous les jours, on confronte automatiquement nos propres valeurs à celles de trois de ces sites, champ par champ, pour repérer nos propres dérives : une unité mal convertie, une source qui tombe, un spot qui décroche.
Une précision honnête sur cette mesure : elle compare des modèles entre eux, pas des modèles à la réalité. Un accord général ne prouve pas que la prévision était juste ce jour-là — il prouve que tout le monde a lu la même donnée de la même façon. La seule mesure réelle dont on dispose reste celle des bouées du réseau CANDHIS, quand elles émettent.
C’est peu, et c’est vrai de tout le monde. Autant le dire plutôt que de faire croire à une vérification qui n’existe pas.
Questions fréquentes
- Faut-il payer pour avoir une bonne prévision de houle ?
- Non. Les modèles de houle qui alimentent la quasi-totalité des sites, gratuits comme payants, sont publics. Ce qui se paie, c'est la présentation, les images de webcam et parfois des modèles propriétaires — pas une meilleure connaissance de la mer de demain.
- À combien de jours une prévision de houle est-elle fiable ?
- La tendance tient plusieurs jours, les valeurs précises beaucoup moins, et le vent se dégrade plus vite que la houle. Une bonne façon de s'en rendre compte : quand deux modèles cessent d'être d'accord sur une échéance, c'est que personne ne sait. La marée fait exception, elle se calcule des années à l'avance.
- Pourquoi deux sites n'annoncent-ils pas la même hauteur ?
- Choix de modèle, point de grille différent, ou traitement différent de la même donnée. Un écart de vingt à trente centimètres entre deux sites est banal et ne signifie pas que l'un se trompe. Un écart bien plus grand signale plutôt un problème d'unité ou de créneau comparé.
- Quelle application choisir sur téléphone ?
- Celle que tu sais lire. Un tableau très complet ne sert à rien si tu ne connais pas l'orientation de ton spot ni son seuil de période. Mieux vaut un outil qui intègre ces réglages, quitte à en ouvrir un second pour affiner l'heure exacte.